Il y a des choses qu'on ne comprend qu'avec le temps. À 25 ans, quand quelqu'un détruit des documents, on pense il cache quelque chose. À 50 60 ans, on sait exactement quoi. Vous avez vu assez d'institutions réécrire leur histoire, assez de versions officielles qui s'effondrent 30 ans plus tard, assez de preuves qui disparaissent mystérieusement.
00:41
Vous connaissez le pattern ? 650 après Jésus-Christ, la ville de Médine dans la péninsule arabique, un homme prend une décision qui va façonner 14 siècles d'histoire. Il s'appelle man ibnan, le troisième calife de l'islam. Le chef spirituel et politique de tous les croyants et il vient de donner un ordre extraordinaire.
01:07
Rassemblez tous les manuscrits du Coran, toutes les versions, toutes les variantes, tous les textes qu'on appelle mouchaf, les feuillets sacrés, apportez-les ici devant le palais, puis brûlez-les tous. Sauf un, celui que je viens de compiler. Ce jour-là, des centaines de manuscrits ont disparus dans les flammes, des textes écrits de la main des compagnons du prophète, des versions transmises oralement pendant 20 ans, des variantes que des communautés entières considéraient comme authentiques, effacées. Et pendant 1400 ans, plus d'un
01:53
milliard de musulmans ont lu le Coran d'Outman, pas celui de Mohammad. À la fin de cette vidéo, je vais vous poser une question, une seule question simple, directe, dérangeante et je vous demanderai d'y répondre honnêtement, sans émotion, sans jugement, juste avec votre intelligence et votre expérience. Seuls ceux qui auront eu le courage d'aller jusqu'au bout pourront y répondre vraiment.
02:23
Parce que pour répondre à cette question, il faut d'abord comprendre ce qui s'est réellement passé. Avant de commencer, j'ai besoin de vous parler franchement. Cette vidéo est longue, environ une heure. Elle est dense. Elle demande de suivre des dates, des noms, des événements qui se croisent sur plusieurs siècles.
02:46
Elle ne vous donnera pas de réponse simples, pas de conclusion toute faite, pas de voilà ce qu'il faut penser. Elle est conçue pour des adultes de 50 60 ans et plus. pas par snobisme, pas par élitisme, mais parce que ce que je vais révéler demande quelque chose que seul le temps peut donner. La capacité de tenir deux idées contradictoires sans que votre cerveau explose.
03:14
La capacité d'examiner une institution que vous respectez sans la haï pour autant. La capacité de découvrir qu'une histoire officielle n'est pas exacte sans conclure que tout est mensonge. Vous avez appris cette nuance avec les années. À 25 ans, on pense en noir et blanc. Soit c'est vrai, soit c'est faux, soit ils sont bons, soit ils sont méchants.
03:40
À 60, on sait que la réalité est grise, que les gens font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont, que l'histoire est compliquée, que les intentions sont rarement pures, mais rarement mauvaises non plus. Cette sagesse là, je ne peux pas vous la donner, vous l'avez déjà. Je peux juste vous donner les faits. À vous de les tisser avec votre expérience.
04:03
Mais si vous avez 30 ans et que vous avez déjà compris cela, si vous acceptez déjà la complexité, l'ambiduité, la nuance, si vous êtes ici parce que vous cherchez à comprendre vraiment, pas juste à avoir raison, alors l'âge n'a aucune importance. C'est la maturité du regard qui compte. Restez, vous êtes à votre place.
04:30
En revanche, si vous êtes ici pour qu'on confirme ce que vous pensez déjà, si vous voulez des certitudes rassurantees, des réponses définitives, des jugements tranchés, si l'idée même d'examiner les origines d'un texte sacré vous semble dangereuse ou irrespectueuse, cette vidéo ne vous conviendra pas et c'est parfaitement acceptable.
04:56
Vraiment, chacun a le droit de choisir ce qu'il veut savoir, ce qu'il préfère ne pas savoir. Il y a des millions de contenus qui renforcent ce qu'on vous a enseigné, qui célèbrent la foi telle qu'elle est, qui ne questionnent rien. Ce sont de bons contenus, ils ont leur place. Mais celui-ci est différent. Laissez-moi vous expliquer ce que cette chaîne fait et ce qu'elle ne fait pas.
05:24
Ce qu'elle ne fait pas, elle ne cherche pas à détruire l'islam. Elle ne cherche pas à humilier les musulmans. Elle ne cherche pas à vous convaincre de devenir athée. Je n'ai aucun mépris pour la foi. Aucun. Je respecte profondément les croyants, leur dévotion, leur sincérité, le réconfort leur apporte leur religion, les communautés qu'elle crée, les valeurs qu'elle transmet.
05:54
Ce qu'elle fait, elle examine l'histoire, les documents, les manuscrits, les dates, les décisions politiques. Elle vous montre comment naissent les textes sacrés, comment ils se construisent, comment les humains les façonnent. Elle vous donne les outils pour voir les mécanismes, pour comprendre les choix qui ont été faits, pour reconnaître les patterns qui se répètent à travers toutes les religions, toutes les époques.
06:26
Et ensuite, ensuite c'est votre décision. Vous pouvez décider que ces découvertes historiques ne changent rien à votre foi, que Dieu a guidé ses humains malgré leurs imperfections, que l'histoire humaine d'un texte sacré n'enlève rien à sa vérité spirituelle. Vous pouvez décider au contraire que cela change votre perspective, que comprendre les origines réelles modifie votre rapport au divin.
06:58
Les deux choix sont légitimes. Les deux méritent le respect. Mais pour choisir librement, il faut d'abord savoir. Et c'est ce savoir que je vais vous transmettre aujourd'hui. Une dernière chose avant de plonger dans cette histoire. Cette vidéo va vous demander de l'attention, de la concentration, de la patience.
07:23
Pas parce que je complique inutilement, mais parce que la réalité historique est complexe. Il y aura des date non arabes que vous n'avez peut-être jamais entendu. Des situations politiques enchevétrées, des manuscrits aux noms étranges. Vous allez peut-être devoir revenir en arrière, réécouter un passage, mettre la vidéo sur pause pour digérer une information.
07:48
C'est normal, c'est même nécessaire. Mais je vous promets quelque chose. Si vous tenez jusqu'au bout, si vous suivez cette enquête avec moi pas à pas, document après document, vous ne verrez plus jamais les textes sacrés de la même manière. Pas seulement le Coran, tous les textes sacrés.
08:08
Parce que ce que vous allez découvrir sur la compilation du Coran, c'est un mécanisme universel, un mécanisme que vous reconnaîtrez partout dans toutes les religions, dans toutes les institutions, dans toutes les histoires officielles. Et cette connaissance, c'est un héritage, quelque chose que vous pourrez transmettre à vos enfants, à vos petits-enfants, à ceux qui viendront après vous.
08:35
la capacité de voir au-delà des récits officiels, de reconnaître quand on vous manipule, de distinguer l'histoire de la légende. Alors, si vous êtes prêt, si vous acceptez que ce voyage soit long, exigeant, parfois inconfortable, si vous avez le courage de regarder en face ce que les documents révèlent, restez avec moi et à la fin, vous aurez mérité le droit de répondre à la question que je vous poserai.
09:03
Une question que seule votre expérience de vie pourra éclairer. Médine, année 644 après Jésus-Christ, 12 ans après la mort de Mohammad. Un homme âgé marche lentement dans les ruelles poussireuses de la ville. Il s'appelle Ibnfan, soixante ans. Son dos évé, ses mains tremblent légèrement, sa barbe, autrefois noire, est devenue entièrement blanche.
09:36
Il vient d'être élu troisème calife, chef spirituel et politique de tous les musulmans. Ce n'était pas son ambition. À son âge, il aurait préféré passer ses dernières années en paix, lire les textes sacrés, prier cinq fois par jour. transmettre ce qu'il a appris aux jeunes. Mais le khalifat précédent s'est terminé dans le sang.
09:58
Omar, le deuxième calife assassiné pendant la prière du matin, poignardé six fois par un esclave perse qui s'est ensuite suicidé. La communauté musulmane est en crise. Des tensions montent, des factions se forment, des querelles éclatent. Et au cœur de ces querelles, il y a le Coran. Comprenez bien la situation. Mohammad est mort en 632.
10:24
Il n'a laissé aucun livre derrière lui, aucun manuscrit complet, aucune version définitive du Coran, aucun testament spirituel écrit de sa main. Pourquoi ? La tradition nous dit qu'il était, un mot arabe qu'on traduit généralement par analphabète, qu'il ne savait ni lire ni écrire, que les révélations lui parvenaient oralement par un intermédiaire de l'ange Gabriel et qui les transmettait oralement à ses compagnons.
10:55
Certains de ses compagnons les mémorisaient. On les appelait les gardiens, des hommes capables de retenir par cœur des heures entières de récitation. D'autres, moins doués pour la mémoire, les écrivaient sur ce qu'il trouvaient. Des omoplates de chameau, des feuilles de palmier séchées, des morceaux de cuir, des tessons de poterie, des pierres plates.
11:20
Mais personne n'avait tout rassemblé. Personne n'avait créé un livre complet, organisé, définitif. Du début à la fin, Mohammad était censé le faire, mais il est mort brutalement, empoisonné, dit-on, par une femme juive à Kaibar. Une fièvre violente l'a emporté en quelques jours. Il n'a pas eu le temps de finaliser le livre.
11:44
Alors, après sa mort, qu'est-ce qui existait exactement ? des centaines de compagnons qui avaient mémorisé des parties du Coran, chacun à sa manière avec des variantes. Certains se souvenaient d'un mot, d'autres d'un mot légèrement différent. Des dizaines de scribes qui avaient noté des versets sur des supports différents, dans des ordres différents, parfois avec des mots qui changeaient.
12:10
des communautés entières dans différentes régions la Mecque, Médine, Damas, Bassora, Kufa qui récitait le Coran selon leur propre tradition locale transmise par les compagnons qui s'étaient installés chez elles. Vous voyez le problème ? Il n'y avait pas un Coran, il y en avait plusieurs, des dizaines, peut-être des centaines, selon qui vous interrogiez, selon où vous vous trouviez.
12:36
Au début, ce n'était pas grave. Les premiers musulmans acceptaient cette diversité. Ils savaient que la transmission orale produit naturellement des variations. C'est humain, c'est normal. Un compagnon se souvient du verset comme ceci, un autre se souvient légèrement différemment. Les deux versions font sens. Les deux honorent Allah.
12:59
Les deux peuvent coexister. D'ailleurs, Mohammad lui-même aurait dit "Le Coran a été révélé selon cette archouf, sep mode. Récitez-le selon ce qui vous est le plus facile. Sep mode, sep façons de réciter, toute valide, tout acceptable, pas de problème." Mais 12 ans après la mort du prophète, les choses ont changé.
13:23
L'Empire musulman s'est étendu de manière foudroyante. En une décennies, les armées arabes ont conquis la Syrie, l'Égypte, la Perse occidentale, une partie de l'Irak, des territoires immenses, des populations diverses, des cultures différentes. Et dans ces nouveaux territoires, des gens se convertissent à l'Islam.
13:46
Des Syriens, des Égyptiens, des Perses, des Berbères. Ils veulent apprendre le Coran. Il demande quelle est la bonne version et là le problème éclate au grand jour. Un soldat revient de la campagne d'Arménie. Il a appris le Coran à Kufa, en Irak auprès d'Abdouah ibon Massoud, l'un des tout premiers convertis, un compagnon direct du prophète.
14:14
Il rencontre un autre soldat qui a appris le Coran à Damas en Syrie auprès d'bab, lui aussi compagnon direct du prophète. Il récite ensemble une sourate et ils se rendent compte qu'ils ne disent pas la même chose. Pas des différences mineures, pas juste une question d'accent ou de prononciation, des mots qui changent, des phrases qui varient, parfois même des versets entiers qui diffèrent.
14:44
Le premier dit, "Tu récites mal. Ce n'est pas ce que le prophète, que la paix soit sur lui, a dit." Le second répond : "Non, c'est toi qui te trompe. Mon maître était un compagnon direct. Il a reçu cela de la bouche même du prophète. Le mien aussi." La dispute s'en venîme. Les voix montent, d'autres soldats interviennent.
15:06
Chacun défend la version qu'il a apprise. Chacun est convaincu de détenir la vraie parole de Dieu. Des insultes fuse, des mains se lèvent, on frôle la bagarre. Ce genre de scène se multiplie à Damas, à Koufa, à Bassora, à Médine même. Des disputes, des accusations, des tensions qui montent. Ma version est la vraie. Non, c'est la mienne.
15:32
Mon maître connaissait mieux le prophète que le tien. Tu mens. C'est toi qui défigure la parole de Dieu. Vous imaginez le danger ? Une communauté religieuse toute jeune qui s'étend à une vitesse vertigineuse et qui commence à se diviser sur son texte sacré lui-même, sur les mots mêmes qu'Allah est censé avoir révélé. Les rapports arrivent à Médine jusqu'aux oreilles d'Ossman.
15:59
Un général nommé Hudaifa ibn Yaman revient d'une campagne militaire en Arménie et en Azerbaïdjan. Il est visiblement troublé. Ses traits sont tirés. Il n'a pas bien dormi depuis des semaines. Il entre dans la maison d'Osmane, s'assoit, refuse le thé qu'on lui offre. Va droite au but. Oh commandeur des croyants, agissez avant qu'il ne soit trop tard.
16:25
Ousman fronce les sourcils. Que se passe-t-il ? Les musulmans se disputent leurs livres comme les juifs et les chrétiens se sont disputés les leurs. J'ai vu des soldats prêts d'en venir aux mains. Chacun accuse l'autre de corrompre la parole de Dieu. Si nous n'agissons pas maintenant, nous nous fragmenterons comme eux.
16:44
Nous deviendrons des ennemis alors que nous sommes frères. Ousman comprend immédiatement. Il a vu ce qui s'est passé avec le christianisme, les conciles, les hérésies, les excommunications, les guerres théologique entre arien et nisséen, entre monophysite et calcédonien. Il a vu comment une religion peut se déchirer sur des questions de textes, de doctrine, d'interprétation et il sait que l'islam est en train de prendre exactement le même chemin.
17:16
Il sait aussi autre chose, quelque chose que son expérience politique lui a appris. Quand un pouvoir est fragile, quand un empire est jeune, la moindre division peut tout faire s'effondrer. Si les musulmans commencent à se diviser sur le Coran lui-même, sur la parole même de Dieu, c'est fini. L'unité vole en éclat.
17:41
Les califas rivaux apparaissent. Les guerres intestines commencent. Il prend une décision, une décision radicale, audacieuse, dangereuse. Il va créer une version unique du Coran, officielle, définitive, obligatoire pour tous et il va détruire toutes les autres. Pendant 1400 ans, voici ce qu'on a enseigné aux musulmans. Le Coran est la parole éternelle de Dieu, créée, existant depuis toujours auprès d'Allah, inscrite sur là l'or Almafous, la tablette préservée céleste.
18:23
Elle n'a pas été inventée, elle n'a pas été écrite par des humains, elle a toujours existé. Et à un moment précis de l'histoire, en l'an de l'ère chrétienne, Allah a décidé de la révéler à l'humanité. Il a choisi un homme, Mohammad ibn Abdouah, un marchand de la Mecque, honnête, droit, réfléchi, mais analphabète, ne sachant ni lire ni écrire.
18:52
Et pendant 23 ans, mot à mot, lettre à lettre, Allah lui a révélé le Coran par l'intermédiaire de l'ange Gabriel. Giibril en arabe. Chaque fois qu'une révélation descendait, Mohammad entrait dans un état particulier. Ses compagnons le décrivaient ainsi. Son visage devenait rouge. Il transpirait abondamment, même partant froid. Il fermait les yeux.
19:17
Son corps devenait lourd. Parfois, il s'allongeait. Parfois, il restait assis, le front posé sur les genoux. Puis après quelques minutes ou quelques heures, il se redressait et il récitait. Les mots venaient parfait, poétique, harmonieux, en arabe classique d'une beauté inégalée. Ses compagnons écoutaient, médusaient, émerveillés et immédiatement il mémorisaient.
19:46
Certains d'entre eux avaient une mémoire prodigieuse. Ils pouvaient retenir des heures entières de récitation après une seule écoute. D'autres, plus prudents prenaient des notes surtout ce qu'il trouvaiit parce que le papier n'existait pas encore en Arabie ou en tout cas il était rare et cher. Selon la tradition, Mohammad lui-même supervisait cette transmission.
20:10
Il vérifiait que tout était correct, qu'aucune erreur ne s'était glissée, qu'aucun mot n'avait été déformé. Chaque année pendant le Ramadan, l'ange Gabriel venait réviser avec lui tout ce qui avait été révélé jusque-là pour s'assurer que rien n'avait été oublié ou modifié. Et l'année de sa mort, en 632, Gabriel a revu le Coran avec lui deux fois pour que tout soit parfaitement préservé.
20:38
Quand Mohammad est mort, le Coran existait donc sous deux formes : dans la mémoire des HIS, les mémorisateurs et sur les écrispards des scribes. Puis selon la version officielle, le premier calife Abou Bakr a pris une initiative. Il a convoqué un scribe nommé Zaid ibn Tabit, un jeune homme qui avait été l'un des scribes personnels du prophète.
21:03
Il lui a dit : "Rassemble le Coran." Zaid a protesté. C'est une tâche immense. Comment oseraiis-je ? Abou Bakr a insisté. Le prophète te faisait confiance. Je te fais confiance. Rassemble-le. Alors Zaid s'est mis au travail. Il a convoqué les rafizes. Il a collecté les écrits, il a comparé, il a vérifié méticuleusement.
21:29
Chaque verset devait être confirmé par au moins deux témoins indépendants. Si un rafiz récitait un verset, Zaï cherchait un écrit qui le confirmait. Si un écrit contenait un verset, Zaï cherchait un rafiz qui le confirmait. Rien n'était accepté sur la base d'une seule source. Quand Zaï a terminé, le Coran était rassemblé sur des feuillets, ce qu'on appelle un mouchaf, un codex, un livre.
21:58
Abou Bakr l'a conservé précieusement, puis il l'a transmis à Omar le deuxième calife. Puis Omar l'a transmis à sa fille Hafsa et c'est là que Ousman entre en scène. Face aux disputes qui éclatent partout dans l'empire, face aux tensions entre les différentes communautés qui récitent différemment, Ousman décide de standardiser.
22:21
Il convoque Zaid Bonabit à nouveau avec un comité de scribes et il leur dit : "Faites des copies du mouchaf d'Abou Bakr. Envoyez-en une à chaque grande ville de l'empire et ordonnez à tous les musulmans de se conformer à cette version." Les Scribe travaillent pendant plusieurs mois.
22:42
Ils produisent quatre ou cinq copies selon les sources. Une pour la Mecque, une pour Médine, une pour Bassora, une pour Koufa, une pour Damas. Puis Ousman donne l'ordre final. Brûler tous les autres manuscrits, tous sans exception. Les versions des compagnons du prophète, les codex personnels, les feuillets transmis de génération en génération.
23:08
Brûlez-les. Il ne doit rester qu'une seule version, celle-ci, celle que nous envoyons. Et voilà, c'est la version officielle. Ousman a simplement rassemblé les sources. Il a créé une version unifiée. Il a détruit les variantes pour éviter la confusion. Aucun verset n'a été perdu. Aucun mot n'a été changé.
23:36
Aucune erreur ne s'est produite. Le Coran que vous tenez aujourd'hui entre vos mains est exactement mot pour mot, lettre pour lettre celui que Mohammad a reçu de Dieu. C'est une croyance puissante. Elle signifie que contrairement à la Bible qui a été écrite par des humains inspirés par Dieu, le Coran est directement la parole de Dieu.
23:59
Les chrétiens disent Dieu a inspiré Matthieu, Marc, Luc, Jean. Ils ont écrit selon leur compréhension, leur style, leurs perspectives. Les musulmans disent non, Allah a dicté, Mohammad a répété mot pour mot. Ce n'est pas l'interprétation d'un homme, c'est la parole même du créateur. Cela change tout.
24:26
Cela signifie que le Coran est parfait, immuable, éternel, qu'on ne peut pas le critiquer comme on critique un texte humain, l'analyser comme on analyse un document historique, le contextualiser comme on contextualise un écrit ancien parce que ce n'est pas un texte humain, c'est la parole même du créateur de l'univers.
24:48
Et cette croyance structure absolument tout dans la vie d'un musulman. On ne pose pas le Coran par terre. C'est un manque de respect. On ne le touche pas sans avoir fait ses ablutions. C'est impur. On ne le lit pas de manière désinvolte, en mangeant, en parlant. On le lit avec concentration, respect, révérence.
25:09
On l'apprend par cœur. Des millions de personnes dans le monde entier peuvent réciter le Coran en entier, par cœur, en arabe, même si ce n'est pas leur langue parce que c'est la parole de Dieu. Je comprends cette révérence, je la respecte profondément. Quand quelque chose donne du sens à votre vie, quand cela vous relie à quelque chose de plus grand que vous, quand cela structure votre moral, votre identité, votre rapport au monde, votre rapport à la mort, c'est précieux, c'est sacré, au sens le plus profond du terme.
25:42
Et je ne suis pas là pour détruire cela. Je ne suis pas là pour vous arracher votre foi, mais je suis là pour vous montrer ce que les documents historiques révèlent. Je suis là pour vous dire ce que les manuscrits, les inscriptions, les preuves archéologiques nous apprennent. Et ce qu'il révèle, c'est une histoire beaucoup plus complexe, beaucoup plus humaine, beaucoup plus fascinante aussi parce que voilà ce que je vais vous montrer dans les prochaines minutes.
26:10
Je vais vous montrer que le Coran d'Ousman n'était pas le seul qui existait. Je vais vous montrer que d'autres versions circulaient et qu'elles étaient différentes, significativement différentes. Je vais vous montrer que les compagnons du prophète eux-mêmes se sont opposés à la décision d'Ousman, qu'ils ont pleuré quand leurs versions ont été brûlées.
26:29
Je vais vous montrer que des manuscrits anciens découverts au 20e siècle portent les traces de ces modifications qu'on peut voir sous le texte visible un texte plus ancien différent. Je vais vous montrer que la tradition islamique elle-même admet l'existence de variantes, qu'elle a créé des théories pour les expliquer, mais que ces théories posent plus de problèmes qu'ell n'en résolvent.
26:54
Et à la fin, vous aurez devant vous une question simple, une question à laquelle vous seul pouvez répondre. Cette question que je vous ai promise au tout début. Mais avant d'y arriver, il faut comprendre, vraiment comprendre. Alors restez avec moi. Ousman rassemble les rafizes et les manuscrits. Il compile le Coran définitif.
27:20
Puis il donne l'ordre de brûler tous les autres. Voilà ce que nous dit la tradition et c'est confirmé par les sources islamiques les plus anciennes. Le recueil de Bouchari, l'un des recueils de Hadith les plus respectés le rapporte clairement. Mais posons une question simple, une question tellement simple qu'on se demande pourquoi personne ne la pose jamais à voix haute.
27:42
Si le Coran était vraiment la parole parfaite et immuable de Dieu, pourquoi a-t-il fallu brûler toutes les autres versions ? Réfléchissez avec moi. Si toutes les versions disaient exactement la même chose, pourquoi les détruire ? Gardez-les, montrez-les. Prouvez au monde entier que partout dans toutes les régions, tous les compagnons du prophète avaient reçu exactement les mêmes mots.
28:07
Ce serait une preuve éclatante, une preuve du miracle, de la perfection divine. Mais non, il a fallu les brûler. Si Mohammed avait vraiment supervisé la transmission, si l'ange Gabriel était vraiment venu réviser le Coran avec lui chaque année, il n'y aurait eu qu'une seule version dès le départ. Pas des dizaines, pas des centaines, une seule.
28:33
Mais ce n'est pas ce qui s'est passé. Si les rafises avaient vraiment mémorisé parfaitement comme la tradition le prétend, ils auraient tous récité exactement pareil. Mais ils ne récittaient pas pareil. On le sait parce que les sources islamiques elles-mêmes l'admettent. Des compagnons qui se disputaient sur les versets, des soldats qui faillirent en venir aux mains, des communautés entières qui récittaient différemment.
29:01
Le simple fait qu'ussmanit du brûlé des manuscrits prouve quelque chose. Cela prouve qu'il y avait des différences, des variantes, des contradictions et que ces différences étaient suffisamment importantes, suffisamment gênantes pour menacer l'unité de la communauté musulmane suffisamment dangereuse pour qu'il faille les effacer définitivement.
29:28
Vous vous souvenez peut-être de 1972. Cette année-là, au Yémen dans la grande mosquée de Sana, l'une des plus anciennes mosquées du monde, on effectue des travaux de rénovation. Les ouvriers démolissent un vieux mur. Ils découvrent, caché entre deux parois un trésor extraordinaire. Des milliers de fradements de manuscrits coraniques très anciens.
29:54
Certains datant probablement du 7e ou 8e siècle. parmi les plus vieux exemplaires du Coran jamais découverts, écrit en Koufi, une ancienne calligraphie arabe sur du parchemin fait de pot de chèvre ou de mouton jaunis par les siècles. Le gouvernement yéménite, conscient de l'importance de la découverte, fait appel à des experts internationaux.
30:17
Un chercheur allemand Gerer Puin de l'université de Sarbruck passe plusieurs années à étudier ces manuscrits, à les photographier, à les cataloguer, à les analyser et ce qu'il découvre le stupéfie. Beaucoup de ces manuscrits sont des palimpsestes. Vous savez ce qu'est un palimpeste ? C'est un parchemin qu'on a gratté pour effacer le texte original puis sur lequel on a écrit un nouveau texte par-dessus.
30:48
Pourquoi fait-on ça ? Parce que le parchemin coûte cher, extrêmement cher. Il faut tuer des animaux, traiter les peaux, les préparer. C'est long, c'est coûteux. Alors, on réutilise, on efface l'ancien texte, on écrit le nouveau par-dessus. Mais voilà le problème, on n'efface jamais complètement.
31:13
Des traces restent invisibles à l'œil nu mais visibles avec des technologies modernes. utilise des techniques d'imagerie avancée, de la photographie sous lumière ultraviolette, de l'analyse multispectral et il voit apparaître sous le texte coranique visible un autre texte plus ancien également coranique mais différent.
31:39
pas juste quelques petites variantes orthographiques sans importance, des différences significatives, des mots qui changent, des versets dans un ordre différent, parfois même des phrases entières qui varient. Cela signifie quoi ? Cela signifie qu'il y avait une version antérieure du Coran qui a été utilisée, copiée, transmise, puis à un moment donné jugé incorrecte, obsolète, dépassée.
32:08
Alors, on l'a effacé et on l'a remplacé par une version corrigée, améliorée, standardisée. Queen publie ses découvertes dans les années 1990 et surtout en 1999 dans des revues académiques avec preuves photographiques à l'appui. Imag haute résolution montrant clairement le texte effacé sous le texte visible. Réaction immédiate accusation islamophobie agenda occidental.
32:41
Complot pour discréditer l'islam. Falsification des preuves, manipulation des images. Le Yémen ferme progressivement l'accès au manuscrit. Les autorisation de recherche deviennent de plus en plus difficiles à obtenir. Puine est finalement interdit de retour. Les manuscrits de Sana sont mis sous clés, interdits à la recherche indépendante.
33:03
Mais le mal est fait. La preuve existe. Elle est documentée, photographiée, publiée dans des revues scientifiques à comité de lecture. Le Coran a été modifié, réécrit, corrigé pas une fois mais plusieurs fois. Il y a eu des versions antérieures et elles ont été effacées. Mais attendez, ce n'est pas tout. En réalité, la tradition islamique elle-même admet l'existence de variantes.
33:36
On les appelle les kiraates, les lectures. Il y en a sept qui sont considérées comme canoniques aujourd'hui, 10 selon d'autres traditions. Seps différentes du Coran utilisé dans différentes régions du monde musulman avec des mots qui changent, des sens qui varient. Prenons un exemple concret pour que vous compreniez bien. Sourate 2 verset 184.
34:00
Dans la lecture de Hafs, la plus répandue aujourd'hui, utilisée dans la plupart des pays arabes, on lit ceci. Et sur ceux qui ne peuvent le supporter qu'avec grande difficulté, incombe en expiation de nourrir un pauvre. Dans la lecture de Wche utilisé en Afrique du Nord, notamment au Maroc, en Algérie, en Tunisie, le même verset dit "Et sur ceux qui le supportent incombe.
34:29
" Vous voyez la différence ? Ne peuvent le supporter versus le support. C'est exactement le contraire. Dans la première version, on parle de gens qui ne peuvent pas jeûer. Dans la seconde, de gens qui peuvent jeûer. Le sens change complètement. Donc la question devient quelle est la bonne version ? Celle qu'Allah a révélé.
34:54
Les deux ne peuvent pas être vrais en même temps. C'est logiquement impossible. Un autre exemple, sourate 5 verset 6. Dans certaines lectures, on doit se laver les pieds pendant les ablutions. Dans d'autres lectures, on doit simplement les essuyer. Laver ou essuyer, ce n'est pas la même chose et cela change la pratique religieuse de millions de musulmans.
35:20
Les ulemas, les savants musulmans, ont développé des théories complexes pour expliquer cela. Ils disent que Dieu a révélé le Coran selon septouf, sep modes, sep façons de réciter pour faciliter la transmission, pour s'adapter aux différents dialectes arabes, pour rendre la récitation plus accessible.
35:41
C'est l'explication officielle. Mais ce genre d'explication pose plus de problèmes qu'il n'en résout. Si Dieu voulait faciliter la récitation, pourquoi créer des versions qui disent parfois l'inverse ? Si Dieu est parfait, pourquoi son message nécessite-t-il sep versions différentes ? Si le Coran est un créé, existant depuis toujours auprès d'Allah, sous quelle forme existe-t-il dans les sept versions simultanément ? Et surtout, si Allah a révélé sep modes différents, pourquoi Hutman en a-t-il choisi un seul et brûlé tous les autres ?
36:19
Maintenant, voici où ça devient vraiment intéressant. Outman compile le Coran vers 652, environ 20 ans après la mort de Mohammad. C'est ce que dit la tradition. Mais les plus anciens manuscrits coraniques complets que nous possédons datent de quand ? Des années 700 à 750, soit 70 à 120 ans après la mort du prophète.
36:48
Avant cela, des fragments, des bouts, des morceaux épar. Une sourate ici, quelques versets là, mais aucun manuscrit complet du Coran, aucun codex contenant toutes les 114 sourates dans l'ordre que nous connaissons. Les historiens ont une règle simple en critique textuelle. On ne peut affirmer qu'un texte existait sous une certaine forme que si on possède des manuscrits datables de cette époque.
37:15
Pour la Bible, par exemple, on a des fragments du Nouveau Testament datant du 2e siècle, le Papyrus P52, un morceau de l'Évangile de Jean, daté d'environ 125 à 150 après Jésus-Christ, moins de 100 ans après Jésus. Pour le Coran, rien de complet avant 70-0 à 120 ans après Mohammad. Cela ne prouve pas que le Coran n'existait pas avant sous une forme complète, mais cela signifie qu'on ne peut pas être certain de ce qu'il contenait exactement.
37:46
On ne peut pas affirmer avec certitude le Coran de 650 était identique à celui de 750 parce qu'on ne l'a pas. On n' pas le Coran d'Outmane. On a des copies de copies de copies. Et voilà le point crucial. Tous les manuscrits coraniques complets que nous possédons aujourd'hui datent d'après une période très spécifique. Le règne du calif Abdal Malikon Marwan de 685 à 705.
38:18
C'est sous ce calife que l'arabe devient la langue officielle de l'administration impériale, que les premières inscriptions coraniques monumentales apparaissent sur des bâtiments, que des pièces de monnaie portent des versets coraniques gravés. C'est sous son règne que le dôme du rocher est construit à Jérusalem avec des inscriptions coraniques tout autour.
38:38
Avant lui, presque rien. C'est comme si l'islam tel que nous le connaissons, s'est cristallisé sous Abdal Malik, pas sous Mohammad, pas sous Ousman, mais 60 à 70 ans après la mort du prophète. Revenons à Ousman, il compile sa version du Coran. Puis il ordonne de brûler toutes les autres. Les sources islamiques sont claires là-dessus.
39:04
Ce n'est pas une invention d'historiens occidentaux malveillant. C'est dans la tradition elle-même, dans Boukhari, dans Muslim, dans les chroniques historiques. Le recueil de Boukhari raconte ceci : "Ousman envoya à chaque province musulmane une copie du Coran qu'il avait fait compiler et ordonna que tout autre matériel coranique, qu'il soit en fragment manuscrit ou en copie complète, soit brûlé.
39:31
" Tout les manuscrits des compagnons du prophète les versions de grandes figures comme Abdouah ibn Masoud ou Ubai Ben Kabdex utilisé dans différentes régions Bassora, Kfa. Maintenant posez-vous cette question : qu'est-ce qui était écrit dans ces versions détruites ? On ne le saura jamais avec certitude parce qu'elles ont été brûlées.
39:58
Mais on sait qu'elles étaient différentes. Sinon, pourquoi les détruire ? Et on sait que certains compagnons du prophète, des compagnons directs, des gens qui avaient vécu avec Mohammad ont protesté. Protesté violemment. Iben Massou par exemple, un des tout premiers convertis, un des plus proches compagnons de Mohammad, un homme qui, selon la tradition avait appris le Coran directement de la bouche du prophète qui avait reçu la permission explicite de Mohammad d'enseigner le Coran.
40:32
Il refuse de remettre sa version à Ousman. Il dit selon les sources, "J'ai reçu 70 sourates directement de la bouche du messager d'Allah. Dois-je maintenant abandonner ce que j'ai appris de lui pour suivre la version de Zaid ibn Tabit ? Zaid Ibn Tabit était le jeune scribe qu'usman avait chargé de compiler le Coran officiel.
40:56
Des traditions rapportent qu'Ibon Massoud pleurait en voyant son codex confisqué et brûlé. Qu'il disait "On me demande d'oublier ce que le prophète que la paix soit sur lui m'a enseigné. Si tout était identique, pourquoi ces larmes ? Pourquoi cette résistance ? Pourquoi ce sentiment d'être trahi ? Et Ibon Massou n'était pas le seul.
41:21
Ubai Ibon Cab, un autre compagnon majeur, avait également sa propre version différente selon certaines sources. Sa version contenait 116 sourates, deux de plus que la version d'Outsman. Ces deux sourates supplémentaires s'appelaient Alhaft et Alal. Elles ont disparu effacé de l'histoire.
41:45
Était-elles authentique ? Était-elle vraiment révélée par Allah ? On ne le saura jamais. Elles ont été brûlées. Maintenant, comprenons ce qu'an a vraiment fait. Et je vous le dis sans jugement, sans mépris, avec respect même parce que ce qu'il a accompli était extraordinaire du point de vue politique et stratégique. Ousman se trouvait face à une crise existentielle.
42:09
L'islam s'étendait trop vite. Trop de conversion, trop de nouvelles régions, trop de diversité. Et cette diversité menaçait l'unité. Si chaque région, chaque communauté, chaque maître avait sa propre version du Coran, l'islam allait se fragmenter. Exactement comme le christianisme s'était fragmenté en dizaines de sectes d'hérésies, d'églises rivales qui s'entretuaient.
42:34
Les Ariens contre les Nicéens, les monophysites contre les Chalsédoniens, l'église d'Orient contre l'église d'Occident. Ousman voyait ce qui s'était passé, il voyait le danger et il avait raison d'être inquiet. Parce que les disputes sur le Coran n'étaient pas que théologiques, elles étaient politiques. Chaque version représentait une autorité, une communauté, une faction.
42:59
Accepter la version d'Ibn Massoud signifiait reconnaître son autorité spirituelle. Accepter la version d'bne kab signifiait reconnaître la sienne. Si chacun gardait sa version, c'était la porte ouverte au chisme, aux guerres religieuses, à l'éclatement de la communauté musulmane naissante.
43:20
Alors, Ousman a fait ce que tout leader politique intelligent aurait fait dans cette situation. Il a créé une version unique, officielle, autorisée par le pouvoir califal. Il a éliminé toutes les variantes, toutes les alternatives, toutes les sources de division potentielle et il a imposé cette version par l'autorité de l'État. C'était brillant vraiment parce que sans cette uniformisation, l'islam se serait probablement divisé en dizaines de branches dès la première génération.
43:49
Il y aurait eu un islam de Koufa, un islam de Bassora, un islam de Damas, un islam de la Mecque, chacun avec son Coran, chacun prétendant détenir la vraie version. Ousman a sauvé l'unité de l'Islam au prix de la diversité, au prix de l'histoire, au prix de la vérité historique. Mais voici ce que cela signifie concrètement.
44:13
Le Coran que vous lisez aujourd'hui n'est pas exactement le Coran que Mohammad a transmis. C'est la version qu'usman a décidé de préserver parmi plusieurs versions qui existaient. D'autres versions peut-être tout aussi authentique, peut-être transmise par des compagnons tout aussi proches du prophète, peut-être contenant des versets que Mohammad a réellement prononcé ont été détruites.
44:36
Nous ne saurons jamais quelle contenait. Nous ne saurons jamais si elles étaient plus fidèles à ce que Mohammad a vraiment dit parce qu'elles ont été brûlées. Est-ce que cela invalide le Coran ? Ce n'est pas à moi de le dire. Vous pouvez croire que Dieu a guidé Hutman, que c'était la volonté divine de préserver cette versionlà, que malgré les imperfections humaines du processus, l'essentiel du message divin a été préservé.
45:05
Ce sont des positions de foi, je les respecte profondément. Mais ce que vous ne pouvez plus croire si vous êtes honnête intellectuellement, c'est que le Coran est totalement inchangé depuis Mohammad. Ce que vous ne pouvez plus croire, c'est qu'aucune main humaine ne l'a façonné, organisée, édité. Ce que vous ne pouvez plus croire, c'est que la version que vous lisez est la version, l'unique, la seule qui est jamais existé.
45:36
Parce que l'histoire nous dit le contraire, les manuscrits nous disent le contraire et le simple fait qu'utman et dû brûler des centaines de manuscrits nous dit le contraire. Maintenant, prenons du recul parce que cette histoire n'est pas qu'une histoire musulmane, c'est un pattern, un mécanisme universel, un mécanisme que vous allez reconnaître partout dans toutes les religions, dans toutes les institutions, dans toutes les constructions de pouvoir.
46:06
Vous vous souvenez peut-être d'une autre histoire. 325 après Jésus-Chr. La ville de Nissé en Asie mineur, l'empereur Constantin convoque environ 300 évêques chrétiens. Ils viennent de tout l'empire romain, d'Égypte, de Syrie, de Gaul, d'Afrique du Nord, d'Espagne. Ils sont là pour décider Jésus est-il Dieu ? Est-il égal au Père ou est-il subordonné ? Le débat fait rage.
46:37
Les Ariens disent une chose, les Nicéens disent autre chose. Constantin tranche, il impose une position, il l'a fait voter. Puis il ordonne de brûler tous les textes qui contredisent cette position officielle. Vous voyez le pattern ? exactement le même. Un pouvoir politique qui unifie une religion en effaçant la diversité, qui crée une version officielle en détruisant toutes les alternatives, qui sauve l'unité au prix de la vérité historique.
47:11
Où prenez la Torah ? Pendant des siècles, on a cru que Moïse avait écrit les cinq premiers livres de la Bible. Puis les historiens ont examiné le texte de près. Ils ont trouvé quatre sources différentes, quatre auteurs différents, quatre époques différentes. La Torah telle que nous la connaissons, compilée, éditée, unifiée probablement pendant ou après l'exil à Babylone, au 6e siècle avant Jésus-Christ, pas par Moïse, par des scribes, des prêtres, des éditeurs qui ont pris des traditions diverses et les ont assemblé en un récit cohérent, exactement comme Hutman. Le
47:52
pattern se répète encore et encore dans toutes les religions, dans toutes les institutions qui construisent leur légitimité sur un texte sacré. Pourquoi est-ce important pour vous aujourd'hui ? Parce que ce mécanisme ne s'est pas arrêté il y a 1400 ans. Il continue sous d'autres formes. Vous l'avez vu fonctionner dans votre vie.
48:16
des institutions qui réécrivent leur histoire, des entreprises qui effacent les preuves gênantes, des gouvernements qui détruisent des documents compromettants, des versions officielles qui s'effondrent 30 ans plus tard quand quelqu'un retrouve les archives. Des lanceurs d'alerte qui révèlent ce qu'on avait caché, des manuscrits retrouvés qui contredisent le récit autorisé.
48:40
Le mécanisme est toujours le même. Quelqu'un détient le pouvoir, il veut l'unité, il veut le contrôle. Alors, il crée une version unique, officielle, obligatoire et il efface tout le reste. Votre expérience de vie vous a appris à reconnaître ce pattern. Quand quelqu'un vous dit il n'y a qu'une seule version, toutes les autres sont fausses.
49:05
Quand quelqu'un refuse de vous montrer les alternatives, quand quelqu'un brûle littéralement ou métaphoriquement les preuves qui le contredisent, votre détecteur d'alarme sonne. Et maintenant, vous comprenez pourquoi. Parce que vous avez vu comment ce mécanisme fonctionne depuis 1400 ans, depuis Hutman, depuis Constantin, depuis les scribes de Babylone.
49:33
Le même pattern encore et encore. Vous voilà maintenant dépositaire de cette histoire, l'histoire d'Outman Ibn Affan qui face à une crise existentielle a choisi l'unité au prix de la diversité. L'histoire de manuscrit brûlé dont on ne connaîtra jamais le contenu. L'histoire de compagnon du prophète qui pleurait en voyant leur versions du Coran, celle qu'ils avaient apprise de la bouche même de Mohammad partir en fumée.
50:12
L'histoire de Palimpeste découvert à San qui révèle des textes effacés puis réécrits. L'histoire de sept lectures canoniques qui disent parfois l'inverse les unes des autres. l'histoire d'un texte sacré qui, comme tous les textes sacrés, a une histoire humaine, complexe, fascinante, troublante. Cette connaissance que vous possédez maintenant, elle a de la valeur.
50:38
pas pour détruire, pas pour humilier, pas pour nourrir la haine, mais pour comprendre, pour reconnaître le mécanisme universel par lequel les pouvoirs religieux, politiques, institutionnels créent des vérités officielles en effaçant les alternatives pour voir ce pattern se répéter partout dans toutes les époques, dans toutes les cultures.
51:05
Utman n'était pas un méchant. Il n'était pas un manipulateur cynique qui voulait corrompre la parole de Dieu. C'était un homme âgé, probablement sincère dans sa foi, qui faisait face à une situation impossible. S'il neisait pas le Coran, l'islam allait se fragmenter. Des guerres intestines allaient éclater. La communauté musulmane allait se déchirer comme le christianisme s'était déchiré.
51:34
Alors, il a fait ce qu'il fallait faire du point de vue politique. Il a sacrifié la vérité historique pour sauver l'unité. Était-ce le bon choix ? Je ne sais pas. Peut-être que oui. Peut-être que sans cette décision, l'islam n'aurait pas survécu en tant que religion unifiée. Peut-être qu'il se serait fragmenté en dizaines de sectes rivales dès la première génération.
52:00
Ou peut-être que non. Peut-être que la diversité aurait enrichi l'islam, que plusieurs versions du Coran auraient pu coexister, que cette multiplicité aurait été source de richesse intellectuelle plutôt que de division. Ce que je sais, c'est ceci. Quand quelqu'un vous dit "Il n'y a qu'une seule vérité, une seule version, toutes les autres sont fausses.
52:26
" Quand quelqu'un refuse de vous montrer les alternatives, quand quelqu'un brûle littéralement ou métaphoriquement les preuves qui contredisent sa version officielle, votre détecteur d'alarme doit sonner parce que vous savez maintenant comment ce mécanisme fonctionne. Vous l'avez vu en action en 650 avec Hutman. Vous l'avez vu en avec Constantin et le concile de Nissé.
52:54
Vous l'avez vu avec les scribes de Babylone qui ont compiler la Torah. Et vous l'avez probablement vu dans votre propre vie, dans votre entreprise, dans votre gouvernement, dans votre famille même. Des histoires officielles qui s'effondrent quand quelqu'un retrouve les documents cachés. des versions autorisées qui se révèlent être des constructions, des vérités éternelles qui ont en réalité été décidé lors d'une réunion il y a 30 ans.
53:25
Votre expérience de vie vous a appris à reconnaître ce pattern, à vous méfier de ceux qui prétendent détenir l'unique vérité, à chercher les versions alternatives, les documents cachés, les témoignages supprimés, à comprendre que derrière chaque vérité officielle se cache souvent une décision politique, un compromis, un choix stratégique.
53:49
Et maintenant, avec ce que vous venez d'apprendre sur le Coran, vous avez un exemple de plus. Un exemple puissant, documenté, irréfutable. Un exemple que vous pouvez transmettre. Si vous êtes arrivé jusqu'ici. Si vous avez suivi cette enquête pendant plus de 30 minutes sans décrocher, c'est que vous faites partie d'une minorité.
54:13
Une minorité qui cherche encore la vérité, même quand elle dérange, même quand elle complique, même quand elle remet en question des certitudes rassurantes. Abonnez-vous, pas par habitude, pas par politesse, mais parce que ce type de contenu, rigoureux, exigeant, profond a besoin de son public pour continuer d'exister.
54:37
Vous êtes ce public, vos enfants, vos petits enfants, les jeunes qui grandissent aujourd'hui. Ils vont avoir besoin de ces outils plus que jamais parce que le monde devient de plus en plus sophistiqué dans sa façon de créer des vérités officielles. Les algorithmes décident maintenant ce que vous voyez, ce que vous lisez, ce que vous croyez.
55:04
Il crée des bulles de confirmation où chaque personne ne voit que ce qui renforce les croyances existantes. Ils effacent les alternatives pas en les brûlant physiquement mais en les rendant invisibles, introuvables, inexistantes pour la plupart des gens. Les dipfec peuvent maintenant mettre n'importe quel mot dans n'importe quelle bouche, créer des vidéos parfaitement convaincante de personnes disant des choses qu'elles n'ont jamais dites.
55:32
Comment vos petits-enfants pourront-ils distinguer le vrai du faux dans un monde où l'image et le son ne sont plus d'épreuves fiables ? Les fausses nouvelles se propagent maintenant plus vite que jamais. Une rumeur peut faire le tour du monde en quelques heures, devenir vérité avant même d'avoir été vérifié.
55:54
Et une fois qu'elle est ancrée dans l'esprit de millions de personnes, comment la déloger ? Le pattern que vous avez appris à reconnaître, création d'une version officielle plus destruction des alternatives, se joue maintenant à l'échelle globale en temps réel sous vos yeux. Vous ne serez peut-être plus là pour les guider quand ces mécanismes deviendront encore plus puissants.
56:18
Mais vous pouvez leur transmettre ce que cette enquête vous a transmis, la capacité de poser les bonnes questions. Qui a décidé que c'était la seule version ? Quelles versions ont été supprimées ? Qui profite de cette vérité officielle ? Quelles preuves ont été détruites ou cachées ? Ce n'est pas grand-chose, mais c'est peut-être la chose la plus précieuse que vous puissiez leur léguer.
56:44
Non pas des certitudes rassurante qui enferme, mais des outils pour penser librement, pour voir clair, pour résister aux manipulations. Outman a brûlé des manuscrits il y a 1400 ans, mais la leçon que nous tirons de cette histoire traverse les siècles. Elle s'applique aujourd'hui, elle s'appliquera demain tant qu'il y aura des pouvoirs qui voudront contrôler l'information, tant qu'il y aura des institutions qui voudront imposer leur vérité, tant qu'il y aura des gens qui voudront effacer les alternatives.
57:22
Et tant qu'il y aura des gens comme vous, des adultes lucides qui refusent de cesser de questionner, il y aura de la résistance. une résistance silencieuse, intellectuelle mais puissante. Bon, voilà ce qu' man fait, voilà ce que les manuscrits révèlent. Voilà ce que l'histoire nous apprend vraiment. Une décision politique brillante, nécessaire peut-être, mais qui a effacé définitivement une partie de l'histoire islamique.
57:58
Vous êtes arrivés jusqu'ici. Vous avez passé combien ? 40 minutes, 45, peut-être 50 maintenant, à écouter une analyse historique dense, sans musique dramatique, sans effets spéciaux, sans promesses de secrets qui vont changer votre vie. juste de l'histoire, des faits, des documents, de la réflexion.
58:23
Et vous êtes encore là ? Franchement, ça veut dire quelque chose. La plupart des gens auraient décroché après 10 minutes, trop long, trop compliqué, trop exigeant. Où est le divertissement ? Où sont les révélations choquantes ? Mais vous, vous avez tenu parce que vous n'avez pas besoin qu'on vous mâche la réalité. Vous n'avez pas besoin qu'on transforme l'histoire en spectacle.
58:46
Vous voulez comprendre vraiment profondément. Alors si cette enquête vous a apporté quelque chose, si elle vous a donné une nouvelle façon de voir les textes sacrés, si elle vous a équipé avec des outils pour reconnaître le pattern de vérité officielle plus destruction des alternatives, faites quelque chose de simple mais important.
59:09
Abonnez-vous à cette chaîne, non pas par habitude, non pas pour soutenir un créateur, mais parce que vous faites partie d'une génération en voie de disparition. Une génération qui a encore le goût de la profondeur, de la complexité, de la nuance. Une génération qui peut tenir une réflexion pendant une heure sans avoir besoin de stimulation constante.
59:32
Une génération qui a vécu assez longtemps pour savoir que les vérités simples sont souvent des mensonges déguisés. Et tant que cette génération existe, il y a de l'espoir parce que vous êtes les gardiens de quelque chose de rare. La capacité de penser lentement, profondément, patiemment. la capacité de tolérer l'ambiguïté, l'incertitude, la complexité.
59:58
Vos enfants, vos petits enfants, ils grandissent dans un monde qui récompense la rapidité, le superficiel, le simpliste. Un monde où l'attention moyenne dure 8 secondes. Un monde où on scrollle sans s'arrêter, où on consomme sans réfléchir, où on partage sans vérifier. Mais vous, vous pouvez leur montrer qu'il existe une autre façon, une façon plus lente, plus exigeante, plus gratifiante.
1:00:28
Une façon qui demande de l'effort mais qui apporte de la vraie compréhension. En vous abonnant, vous leur dites "Cette forme de pensée existe encore. Elle a de la valeur. Elle mérite d'être préservée. Vous n'êtes pas seul à chercher la profondeur dans un océan de superficialité. Cette lucidité a traversé les siècles.
1:00:49
Elle survit et elle continuera de survivre tant qu'il y aura des gens pour la chérir. Abonnez-vous, pas pour moi, pour eux, pour que quand ils auront 50 60 70 ans, quand ils auront vécu assez longtemps pour commencer à questionner, ils trouvent des contenus comme celui-ci. des contenus qui respectent leur intelligence, qui honorent leur expérience, qui leur donnent des outils plutôt que des certitudes.
1:01:19
Parce que dans un monde qui célèbre la vitesse, la lenteur devient un acte de résistance. Dans un monde qui célèbre la simplicité, la complexité devient un acte de courage. Dans un monde qui célèbre le divertissement, la profondeur devient un acte révolutionnaire. Vous êtes un révolutionnaire. silencieux et votre abonnement et votre signature au bas du manifeste.
1:01:45
Vous êtes à 2 minutes de la fin. 2 minutes avant que je pose les questions que je vous ai promises au tout début. Ces questions auxquelles seuls ceux qui sont allés jusqu'au bout peuvent répondre en connaissance de cause. Si ce voyage en valait la peine, si vous sentez que vous avez gagné quelque chose de précieux, pensez à vous abonner avant de partir parce que cette capacité à voir clair que vous venez de développer, c'est un muscle.
1:02:17
Il faut l'exercer régulièrement sinon il s'atrophie. Six après Jésus-Christ, Médine, un homme âgé de 68 ans prend une décision qui façonnera 1400 ans d'histoire islamique. Il rassemble tous les Corans existants, il en choisit un et il brûle tous les autres pour sauver l'unité de l'Islam, pour empêcher la fragmentation, pour créer une communauté unie autour d'un texte unique.
1:02:46
C'était brillant, c'était nécessaire peut-être, mais cela a eu un coup. Le coup de l'histoire perdue, le coup de la diversité effacée, le coup de ne jamais savoir ce que contenaient ces autres versions, le coup de ne jamais pouvoir comparer, vérifier, choisir. Aujourd'hui, 1400 ans plus tard, vous savez ce qui s'est passé.
1:03:13
Vous savez que le Coran que vous lisez n'est pas le Coran dans un sens absolu et unique. C'est la version Kusman a choisi parmi plusieurs qui existaient. Toutes transmises par des compagnons du prophète, toutes potentiellement authentiques. Les manuscrits de Sana le prouvent, les palimpsestes le montrent, les sept lectures canoniques le confirment, les protestations d'Ibn Massoud le révèlent.
1:03:41
Le Coran a une histoire, une histoire humaine avec des choix, des éditions, des corrections, des destructions. Cela invalide-t-il le Coran en tant que texte sacré ? Ce n'est pas à moi de répondre. Vous pouvez croire que Dieu a guidé Ousman, que la version préservée était la bonne, que malgré les imperfections du processus humain, l'essentiel du message divin a survécu.
1:04:10
Ce sont des positions de foi. Elles restent possible, respectables. Mais ce que vous ne pouvez plus croire honnêtement, c'est que le Coran est littéralement tombé du ciel, parfait et immuable, sans qu'aucune main humaine ne les toucher. parce que l'histoire nous dit le contraire. Et maintenant, maintenant vous savez, vous avez le recul nécessaire, le recul que donne l'expérience, le recul que donne la connaissance historique, le recul que donne la lucidité acquise au fil des décennies.
1:04:47
Vous pouvez regarder n'importe quel texte sacré maintenant, la Bible, le Coran, la Torah, les Vedas et poser les bonnes questions. Qui l'a compilé ? Quand ? Pourquoi ? Quelles versions ont été exclues ? Qui
- Catégories
- Mensonge islamique
- Mots-clés
- calife, brûlé-le-Coran, 1400-ans, secrets, histoire, religion, Coran, révélation, analyse, recul