Révolution française silence sur le génocide vendéen

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Révolution Française : Le Silence sur le Génocide Vendéen

La Révolution française (1789-1799) est souvent célébrée comme un moment clé de l'histoire, marquée par la chute de l'Ancien Régime, la proclamation des droits de l'homme et la naissance d'un nouvel ordre républicain. Toutefois, l’histoire de cette révolution est aussi assombrie par un événement tragique, largement ignoré ou minimisé dans les récits officiels : le génocide vendéen.

Le Contexte du Génocide Vendéen

Le génocide vendéen fait référence aux événements survenus entre 1793 et 1796, lors de la guerre de Vendée, un conflit militaire et civique qui oppose les forces républicaines aux populations royalistes et religieuses de la région de la Vendée, dans l'ouest de la France. Ce conflit éclate après l'abolition de la monarchie en 1792 et la montée des tensions entre le gouvernement républicain et les populations de provinces qui, pour beaucoup, restent fidèles à la monarchie et au catholicisme.

Les républicains, sous la direction du Comité de salut public dirigé par Maximilien Robespierre et avec des figures comme Lazare Carnot et Jean-Baptiste Carrier, lancent une série de répressions violentes pour écraser cette rébellion royaliste. Le génocide vendéen est caractérisé par des massacres systématiques de civils, des exécutions sommaires et des déportations massives.

Les Massacres et la Répression

L'armée républicaine, après plusieurs défaites initiales face aux insurgés vendéens, adopte une politique de terreur totale. L’un des moments les plus marquants de cette répression est la “drôle de guerre” menée à partir de 1793, où des milliers de paysans, femmes et enfants sont tués, parfois dans des conditions d’une brutalité inouïe. On estime qu'entre 100 000 et 200 000 personnes ont perdu la vie durant cette période.

Les républicains mettent en œuvre des stratégies d'éradication totale des populations insurgées. Le général Louis-Marie Turreau, commandant en chef de l'armée républicaine en Vendée, ordonne une "brûlure de la terre", détruisant villages et habitations, et massacrant sans distinction hommes, femmes et enfants. Certaines exactions sont d’une cruauté extrême, comme l’affaire des noyades de Nantes, où des centaines de prisonniers sont jetés vivants dans la Loire.

La Politique de Silence

Pourquoi, alors, le génocide vendéen est-il resté longtemps dans l’ombre ? Plusieurs raisons peuvent expliquer ce silence :

La Révolution et la République : La Révolution française, en tant qu’événement fondateur de la République, a été célébrée par la France et les républicains, au détriment des aspects les plus sombres du processus révolutionnaire. Reconnaître l’ampleur des massacres vendéens aurait mis en lumière les contradictions fondamentales du mouvement révolutionnaire, qui prônait la liberté, l'égalité, mais qui a sombré dans la terreur pour imposer ses idéaux.

Une question idéologique : Dans la longue lutte pour la légitimité des républiques modernes, il y a eu une volonté de minimiser ou d’effacer les violences commises par les républicains contre leurs propres citoyens. L'idée que la Révolution aurait pu être violente mais juste a longtemps dominé les récits officiels.

Mémoire et politique : Au XIXe et XXe siècles, l’omission de ces événements, ou leur minimisation, était souvent liée à des considérations politiques. Par exemple, sous le régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale, les autorités préféraient souligner les bienfaits de la Révolution plutôt que ses crimes. Les héritiers de la tradition républicaine, pour leur part, ont longtemps hésité à aborder ces crimes par crainte de remettre en cause l'intégrité de l'idéal révolutionnaire.

Les Révélations Modernes et Le Combat pour la Mémoire

Au XXIe siècle, des historiens et chercheurs, notamment Jean-Clément Martin et Pierre Serna, ont œuvré pour réhabiliter la mémoire des victimes et faire connaître au grand public l'ampleur de la répression en Vendée. La reconnaissance de ce génocide est devenue un sujet de débat intense, notamment dans les années récentes, avec des appels à un reconnaissement officiel de la part des autorités françaises.

La question du génocide vendéen est devenue un sujet de tension politique : d’un côté, certains historiens et militants veulent réhabiliter les victimes et que la République prenne ses responsabilités vis-à-vis de ce qu’ils considèrent comme un massacre à grande échelle. De l’autre côté, une partie de la droite politique et des historiens défendent une lecture plus nuancée, estimant que l'événement ne répond pas aux critères classiques du génocide, et que les répressions étaient une réponse à une insurrection contre-révolutionnaire.

Conclusion

Le génocide vendéen demeure une question complexe et douloureuse dans l’histoire de France. Malgré les avancées de la recherche, il reste largement ignoré dans les programmes scolaires et dans la mémoire collective, souvent relégué au second plan face à d’autres grands événements historiques comme la Terreur de 1793. Pourtant, il soulève des questions essentielles sur la violence de la révolution et sur la manière dont les régimes politiques traitent leurs opposants.

Il est impératif de reconnaître cette période de l’histoire pour honorer la mémoire des innocentes victimes de ces massacres. La réconciliation de la France avec son histoire nécessite d’aborder tous les aspects de la Révolution, même les plus sombres, pour comprendre comment un peuple a pu être sacrifié au nom d’une idéologie politique. Le silence sur ce génocide n’est plus possible si l’on veut véritablement comprendre et tirer les leçons du passé.

Catégories
Histoire Archéologie
Mots-clés
révolution française, génocide vendéen, guerre de Vendée, massacre, histoire de France, terreur, répression, mémoire historique, violences révolutionnaires, Vendée, guerre civile, républicains, droits de l'homme, Jacques-René Hébert, révoltes populaires.
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